Mon avenir politique

Après l’annonce de Richard Bergeron de quitter éventuellement ses fonctions de chef de Projet Montréal, quelques voix se sont exprimées sur le potentiel de ma candidature lors d’une future course à la chefferie. Je vous mentirais si je vous disais que cette idée ne m’a pas effleuré l’esprit, voire intéressé. Or, à ce stade-ci de ma vie, de mon cheminement dans le monde politique, il me fallait davantage que le charme séduisant du chant des sirènes pour prendre une telle décision. La question que je devais me poser était : ai-je le désir, dans un avenir proche, d’être candidat à la mairie de Montréal ? Si tel n’est pas le cas, comment vois-je mon action politique ou civique aujourd’hui et après 2017 ?

Réflexion qui arrive à son terme aujourd’hui. Cette réflexion s’est faite uniquement en fonction de mes convictions profondes, mes principes, en accord avec mon action passée et du rôle je désirais jouer en tant que Montréalais.

Le fondement de cette réflexion s’est ainsi inscrit en cohérence avec ce qui m’a mené vers la mairie de Rosemont – La Petite-Patrie en 2009. Toute mon action politique s’est faite en accord avec les principes du développement durable, et ce, sans compromis. Je crois fondamentalement que nous devons opérer un changement important de la manière dont nous gérons l’aménagement de notre ville. C’est cette ligne directrice qui m’a conduit à entreprendre des études doctorales en 2007 sur la gouvernance métropolitaine en études urbaines de l’UQÀM. Ma réflexion s’est faite selon cette même démarche cohérente. Devait –elle être axée sur une intervention locale, là où mes aspirations et mon action pouvaient être le plus utiles ou sur une plus grande échelle, celle de la métropole ?

Depuis 2009, mon action dans Rosemont – La Petite-Patrie s’est faite sur tous les plans de la gestion des services de proximité. Agir localement pour avoir un impact global. Je crois fondamentalement à cette maxime. Au cours des prochaines années, des défis importants attendent l’arrondissement de Rosemont – La Petite-Patrie et notamment en matière de mobilité des personnes et des marchandises.

Plus que jamais, l’arrondissement doit poursuivre son virage vers une plus grande place accordée au transport collectif et actif. Récemment, nous avons déposé notre plan local de déplacement (PLD). Les transports actifs et collectifs doivent être améliorés pour donner une vraie alternative à l’automobile. L’Est de l’arrondissement est particulièrement déficitaire en matière de transport actif et cela demandera le déploiement d’un plan d’action à court, moyen et long terme. Tout cela a été confirmé dans notre PLD qui est le résultat de deux années de consultation publique. Il y aura beaucoup à faire au cours des prochaines années, partout sur l’ensemble du territoire de l’arrondissement. Voilà un défi très stimulant.

L’arrondissement vit aussi une transformation démographique et économique. Nous sommes sur le point de déposer une grande réforme de notre plan d’urbanisme afin de mieux répondre aux défis sociaux et économiques qui attendent l’arrondissement. Cette gestion de l’aménagement pose les défis de la rétention des familles en ville, mais aussi de la rétention des entreprises. Dans cette lignée, nous nous sommes donné pour objectif de ramener les quartiers à échelle humaine et de miser sur une proximité de qualité, garantie d’une meilleure qualité de vie en ville et une vraie mixité sociale. Nous devons aussi transformer la manière dont nous aménageons l’espace public. L’humain doit être au cœur de nos préoccupations. Cela demande une vision et un travail à moyen et long terme. Cette action demande de l’effort et une détermination continue.

Le projet du futur Campus Outremont transformera de manière importante l’ouest de l’arrondissement. Le secteur de Marconi-Alexandra est déjà en mutation et le nouveau défi socio-économique que sera l’arrivée de l’Université de Montréal à proximité demande une planification à long court, moyen et long terme. Ceci afin de garantir son succès en maintenant l’équilibre précaire d’une bonne mixité sociale tout en apportant un nouveau dynamisme économique.

Le développement du secteur de la santé dans l’est de l’arrondissement autour de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et celui du pôle Maisonneuve autour du Parc olympique sont deux autres défis de développement économique et social majeur pour l’arrondissement. Cela aura aussi des impacts importants sur la mobilité des individus et des marchandises. Nous devons aussi poursuivre la valorisation de nos pôles d’emploi. Des démarches ont été entreprises depuis plus de trois ans, mais il reste encore beaucoup à faire. Il faut rappeler que Rosemont – La Petite-Patrie est le troisième arrondissement ayant le plus d’emplois à Montréal. Nous avons comme défi de poursuivre notre travail entrepris à place affaires Rosemont et au Technopôle Angus. Nous devons consolider nos secteurs d’emplois et nous assurer que tout cela se fasse dans une perspective de développement durable.

Nous devons consolider l’essor de nos artères commerciales. Le commerce de proximité est au cœur de la qualité de vie en ville. L’exemple de la Promenade Masson, de la place Shamrock et des futurs travaux sur La Plaza St-Hubert doivent nous servir d’inspiration. C’est en misant sur la proximité que nos artères commerciales poursuivront leur essor économique et garantiront une qualité de vie en ville pour tous les citoyens de l’arrondissement.

Dernier enjeu à souligner, celui de la gestion de l’administration publique. Nous avons entrepris un virage vers la valorisation de l’expertise interne. Nous croyons fondamentalement qu’en haussant notre expertise interne et en devenant maîtres œuvre de l’ensemble de nos opérations, nous économiserons davantage et augmenterons notre efficacité en matière d’offre de services aux citoyens. Cette grande réforme administrative entreprise au début de notre deuxième mandat reste à être accomplie. Encore beaucoup d’étapes restent à franchir. C’est une planification à long terme qui demandera de la patience et de la détermination à atteindre les objectifs énoncés.

Voilà quelques défis qui me stimulent au quotidien. Voilà ce qui me motive à faire le travail de maire de Rosemont – La Petite-Patrie. C’est ce qui m’est automatiquement venu à l’esprit pendant ma réflexion. À l’heure actuelle, c’est ce qui m’inspire et me motive dans mon action politique. C’est ce qui me convainc de la place que je veux occuper en politique en ce moment et pour les prochaines années. C’est pour ces raisons que j’en suis venu à la seule réponse possible, celle d’annoncer que je ne serai pas candidat à la succession de Richard Bergeron à la tête de Projet Montréal et celle de me représenter à la mairie de Rosemont – La Petite-Patrie pour Projet Montréal à l’élection de 2017. Je n’ai que 42 ans et il me reste encore beaucoup d’années pour relever d’autres défis.

François William Croteau
Maire de Rosemont – La Petite-Patrie et membre de Projet Montréal