Aider les commerces de proximité, c’est vital

Depuis 20 ans, l’exode des Montréalais vers les banlieues se chiffre en moyenne à 20 000 personnes chaque année. Parallèlement, le commerce de proximité vit une période difficile sur l’ensemble du territoire de la ville. Le taux d’inoccupation commercial moyen sur les artères commerciales était de plus de 8 % lors du dernier recensement 2014. Bien entendu, quelques artères commerciales se portent bien, avec des taux d’occupation au-delà des 96 %, soit la promenade Fleury, l’avenue Mont-Royal et la Promenade Masson. Ces rares succès ne peuvent à eux seuls masquer le mal profond qui ronge graduellement la vitalité de nos rues commerciales.

Pour que Montréal réussisse à retenir davantage de citoyens et relancer son économie, elle doit miser sur son avantage comparatif, la proximité. Elle ne peut plus tenter de rivaliser avec les banlieues en imitant ces dernières. Une bataille qui est déjà perdue ! Au contraire, il faut avoir une tout autre stratégie. Trois mots clés doivent retenir notre attention : densité, mobilité et proximité. C’est en misant sur ces trois aspects que Montréal pourra se démarquer et relancer son dynamisme perdu.

Au coeur de cette stratégie, il doit y avoir le commerce de proximité. En effet, pour être en mesure de convaincre davantage de citoyens de demeurer à Montréal et de payer plus cher pour une résidence, nous devons leur offrir une proximité de qualité, un vrai milieu de vie à échelle humaine. Bien entendu, il faut chercher des moyens pour améliorer l’accès à la propriété et travailler pour améliorer la mobilité. Mais pour réussir, nous devons aussi nous assurer que les citoyens ont accès partout à des commerces de proximité. Si les Montréalais n’ont pas l’opportunité de pouvoir vivre et consommer près de chez eux, sans recourir à la voiture, pourquoi payer plus cher pour demeurer à Montréal ? La banlieue offre, à ce titre, de grands avantages.

C’est pourquoi la Ville et les arrondissements doivent tout mettre en oeuvre pour aider le développement du commerce de proximité. Sans éliminer la réglementation, il faut mettre en place des processus plus efficaces et efficients en arrondissements pour mieux accompagner les entrepreneurs qui veulent ouvrir un commerce ou faire des rénovations. Il faut voir ces entrepreneurs comme des partenaires avec qui travailler à l’amélioration de la qualité de vie en ville. Par exemple, une terrasse l’été contribue à l’animation du domaine public. C’est un bénéfice pour l’ensemble de la communauté, surtout après un hiver difficile comme celui que nous venons de vivre.

Je nous invite collectivement à avoir un regard différent sur le développement commercial à Montréal. Pour lutter contre les Dix30 ou futurs Quinze40, il ne suffit pas de mettre des barrières juridiques, il faut surtout revoir notre manière de considérer le commerce de proximité. Pour retenir les citoyens à Montréal, il faut miser sur notre avantage comparatif, et c’est la proximité qui est la clé de notre succès. Pour avoir des quartiers animés et vivants, nous devons considérer le commerce de proximité comme un service d’utilité publique.